Richard Timsit, SIC, Richard.Timsit@epfl.ch
Comme on me demande de rédiger l'intervention orale faite le 12 Juin lors de la rencontre-débat sur les Logiciels Libres à l'EPFL et que celle-ci n'était qu'une remarque construite dans le feu de la discussion, autant dire d'emblée qu'il me sera difficile de restituer ce bouillonant contexte et d'être fidèle à mes propos.

Roberto di Cosmo lors de la Rencontre-débat sur les logiciels libres du 12juin 2001 à l'EPFL
Voulant réagir au fait que dans le débat tous les intervenants se posaient la question de la viabilité économique du modèle du logiciel libre sans se poser celle (indécente?) de la viabilité du modèle du logiciel propriétaire, j'ai voulu insister sur le fait que l'un n'avait rien à voir avec l'autre.
Ces différences sont si importantes à mes yeux, que non seulement elles remettent en cause toute la façon dont on doit appréhender (et donc enseigner) la notion de qualité d'un logiciel - dans toutes les phases de son cycle de vie - mais aussi qu'elles nous interpellent profondément sur le plan éthique.
Peut-on encore accepter qu'un logiciel dont l'application est cruciale pour la société puisse s'appuyer sur du logiciel propriétaire dont on ne peut absolument rien garantir quant au fonctionnement ou à la pérennité?
Peut-on enseigner l'informatique dans une institution comme la nôtre en laissant toutes ces questions sous silence?
Peut-on avoir pris conscience de ce que notre place sur Internet doit au logiciel libre et se contenter d'en profiter?
Pourquoi ces questions sont-elles si rarement abordéees qu'elles donnent l'impression d'être subversives?
Que l'on puisse disposer de la plupart des logiciels libres gratuitement n'est pas la raison de ce titre. C'est le fait qu'on ne puisse désormais plus les perdre de vue qu'il faudrait retenir.
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