Les DVD enregistrables et réinscriptibles le petit plus qui fait la différence
Francois.Roulet(AT)epfl.ch, SIC
Préambule
Dans ces colonnes, nous avions écrit en avril 2000
un article sur ce que nous pensions être le média
réinscriptible d'avenir: le DVD-RAM
(http://ditwww.epfl.ch/SIC/SA/publications/FI00/fi-3-00/3-00-page1.html).
Près de 2 ans s'étant écoulés, il est nécessaire de
refaire un tour d'horizon du paysage actuel des DVD
enregistrables, et d'aborder le dernier standard qui semble
nettement s'imposer, le DVDplusRW.
Nomenclature
Commençons par un petit rappel sur la
nomenclature désignant les DVD. L'acronyme DVD
(Digital Versatile Disc) désigne toute une famille, dont la capacité
actuelle s'étend de 1.47 GB pour un DVD simple couche et
simple face de 8 cm de diamètre, jusqu'à 17 GB pour un
DVD double couche et double face de 12 cm de diamètre.
Il englobe aussi bien les DVD préenregistrés du
commerce, essentiellement vidéo, que les DVD-R enregistrables et
les DVD-RW réinscriptibles, ces 2 derniers pouvant être
affectés indifféremment comme support vidéo et de données.
La technologie utilisée dans chacune de ses versions a
une origine commune avec celle des CD.
Ce qui va retenir notre attention dans cet article, ce
sont les lettres qui suivent cette dénomination, à savoir les
R et RW, ainsi et surtout les signes - et +.
Tout d'abord, ces appellations R et
RW sont similaires à celles appliquées antérieurement aux CD-ROM, à
savoir les CD-R et CD-RW, signifiant respectivement
Recordable (Enregistrable) et
ReWritable (Réinscriptible).
Les premiers sont en réalité des WORM (Write
Once, Read Many), on peut donc les graver, en une ou
plusieurs fois, mais jamais les effacer, alors qu'en revanche, les
seconds peuvent être effacés, afin de les regraver par la suite.
DVD-RAM
Le DVD-RAM fût le premier média
réinscriptible apparu en 1999 déjà, lancé par Hitachi, alors que la
seule alternative future envisagée à ce moment était le
DVD-R, enregistrable seulement.
Cette technologie s'est avérée vraiment trop différente
de tous les autres DVD enregistrables pour être considérée
comme compatible, voire même pour être membre de cette
famille, malgré le développement de la seconde génération l'an
passé, qui a porté sa capacité à 4.7 GB contigus par face.
Relevons qu'ils existe désormais une version de 8cm
de diamètre, d'une capacité de 1.47 GB,
équipant principalement les caméscopes Hitachi.
Soulignons quelques défauts rédhibitoires:
pratiquement seuls les lecteurs de DVD-ROM Matsushita
(Panasonic) sont aptes à les lire et sa vitesse d'écriture est très lente
par rapport aux nouveaux venus DVD+/-RW.
DVD-RW
L'été 2001 a été marqué par l'avènement du
lecteur-enregistreur DVD-R/RW de Pioneer, commercialisé
à moins de $1000, que Apple a été le premier à intégrer
dans ses ordinateurs haut de gamme.
Ce lecteur-enregistreur Pioneer DVR-103, qui
supporte les DVD-R/RW, ainsi que les CD-R/RW, s'est vendu à
900.- en fin d'automne chez un discounter lausannois,
pour descendre à 666.- au moment où ces lignes sont écrites.
Naturellement, cette baisse de prix a eu pour effet
de dynamiser et démocratiser les ventes de cet
équipement destiné au marché des ordinateurs personnels, aussi
bien pour réaliser des vidéos personnelles, que de l'archivage
de données.
Apple en a d'ailleurs fait son cheval de bataille,
chacun pouvant désormais faire ses propres montages vidéo à
partir de son caméscope numérique DV, et graver
directement un DVD-R lisible dans tous les lecteurs vidéo de salon.
DVD-R (A) et (G)
Initialement, le DVD-R était utilisé dans
des applications professionnelles telles que la création vidéo
et l'archivage de données. Il pouvait aussi servir de
DVD-Video de test, et même parfois de média fini dans
des applications verticales limitées, notamment pour des
vidéos de musées ou des présentations commerciales,
remplaçant avantageusement les vidéocassettes.
Son enregistrement se faisait avec un laser de
longueur d'onde de 635nm.
Un nouveau format de DVD-R a été baptisé for
General DVD-R (G), recourant à un laser de 650nm de
longueur d'onde, alors que le précédent a été renommé for
Authoring DVD-R (A), conservant l'usage d'un laser
à 635nm.
Si les disques doivent exclusivement être enregistrés
dans leur lecteur correspondant, autrement dit avec un laser
de longueur d'onde adaptée, ils peuvent par contre
être indifféremment relus dans n'importe quel lecteur de
DVD-ROM ou de DVD-Video, le plus souvent avec un laser
de 650nm.
Quant au média vierge General
DVD-R (G), son prix par quantité de 5 est de 8.-/pièce chez Apple,
probablement le prix le plus bas sur le marché helvétique, ce qui
est extrêmement bon marché, compte tenu de leur
capacité contiguë de 4.7 GB.
L'intérêt du DVD-R
Authoring est de supporter le format CMF (Cutting Master Format) nécessaire pour
le pressage de DVD-Video préenregistrés.
Probablement qu'en réalité il s'agissait de mieux
maîtriser les systèmes de protection contre la copie dans
l'industrie du cinéma, et de bien séparer le marché professionnel
du grand public.
Par conséquent, les DVD-R du commerce
sont explicitement indiqués comme utilisables exclusivement
avec des graveurs de type General.
Remarque:
Les lecteurs-enregistreurs de DVD-RW supportent implicitement les disques DVD-R.
DVD+RW
A la fin de l'année 2001, c'était déjà l'apparition
d'un nouveau standard, le DVD+RW, soutenu par la
majorité des ténors du marché,
à savoir HP, Philips, Sony, Yamaha, Ricoh, et Mitsubishi Chemical (Verbatim).
Un seul constructeur ne s'y est pas rallié, Pioneer,
faisant route avec son standard plus ancien, le DVD-RW.
De manière résumée, on dira que le
DVDplusRW améliore essentiellement la facilité d'utilisation et
la compatibilité dans le monde vidéo, ouvrant
véritablement la voie au remplacement des magnétoscopes à
bandes magnétiques par les disques optiques.
Philips a lancé son premier enregistreur DVD+RW
vidéo de salon, disponible en grandes surfaces régionales pour
un prix de 3'000.- environ, avec des disques vierges à
moins d'une trentaine de francs.
Vous pouvez choisir entre 4 qualités
d'enregistrement vidéo, offrant respectivement les temps d'enregistrement
de 1, 2, 3 et 4 heures, sur une seule face, bien entendu.
Le format de compression est MPEG-2, avec
Variable Bit Rate, permettant d'optimiser le flux de données et
de conserver à chaque instant la meilleure qualité
d'image possible.
Lorsque vous aurez enregistré un ou
plusieurs programmes, vous pourrez toujours à n'importe quel
point éditer votre enregistrement; par exemple par
réenregistrer partiellement, effacer un titre, diviser un titre en
plusieurs sous-titres.
Toutes ces facilités d'édition demeurent
entièrement compatibles avec les lecteurs vidéo de salon courants.
Par opposition, le DVDmoinsRW impose beaucoup
de limitations et de contraintes si l'on veut le relire sur un
lecteur de salon.
Il exige d'être utilisé en mode compatible,
impliquant de fortes restrictions, telles que:
- une durée d'enregistrement limitée à 2 heures par
face, due à l'exclusion du mode Variable Bitrate Recording.
- et surtout, la finalisation du disque avant relecture
dans un simple lecteur de salon.
Cette opération de finalisation exigée pour pouvoir
relire un DVD-RW dans un lecteur DVD-Video
conventionnel est un processus qui prend entre 5 et 15 minutes selon
la longueur de l'enregistrement, et exclut toute
modification partielle ultérieure de cet enregistrement.
En revanche, le DVDplusRW ne nécessite pas de
finaliser le disque pour le lire dans un lecteur de salon, qui
peut immédiatement être visionné, tout en laissant ouverte
la possibilité d'en modifier partiellement le contenu à
tout moment.
Autre avantage majeur du DVDplusRW, le
Lossless Linking, évitant la perte du chaînage inter-bloc lors
de chaque pause durant l'enregistrement, et assurant
la contiguïté des données, nous dispensant par là même
de finaliser le disque.
Les enregistreurs DVDplusRW pour PC
apparaîtront très prochainement, et des versions double-faces,
mais simple-couche, portant la capacité totale à 9.4 GB sont
déjà promises.
La vitesse d'écriture est de 1x à 2.4x la vitesse de
lecture standard d'un DVD-Video, soit un maximum de 26 Mbps ou de 3,2 MB/s, ce qui équivaut à un CD 20x.
Procédé RW
Contrairement aux DVD-R, pour lesquels le
procédé d'enregistrement est irréversible, puisque issu de
la déformation d'une couche métallique par échauffement
au moyen d'un faisceau laser, les DVD-RW quant à
eux, doivent pouvoir être remis dans leur état initial.
Naturellement, ces 2 médias doivent
impérativement êtres lus par réflexion optique d'un faisceau laser,
afin d'assurer la compatibilité de lecture dans les lecteurs
de DVD-ROM.
C'est sur la technologie du changement de phase cristalline que sont basés tous les disques réinscriptibles.
Dans son état original, la couche d'enregistrement
d'un DVD+RW est poly-cristalline. Pendant l'écriture,
un faisceau laser focalisé chauffe une zone du matériau
à changement de phase au dessus de la température de
fusion (500-700 degrés C), le portant rapidement à l'état
liquide. Ensuite, si le refroidissement est suffisamment brutal,
l'état liquide désordonné s'en trouve figé, et un état ainsi
appelé amorphe est obtenu. Si la couche à changement de
phase est chauffée en-dessous du point de fusion, mais
au-dessus de la température de cristallisation (200 degrés C)
pendant une durée suffisante (au moins le temps minimum
de cristallisation), les atomes retournent à leur état
ordonné, l'état cristallin.
Les états amorphes et cristallins ont différents
indices de réflexion, et par là même peuvent être
distingués optiquement. Dans le système DVD+RW, l'état amorphe
a une réflectivité plus faible que l'état cristallin, d'un
indice compris entre 18 et 30 %, comparable à un
DVD préenregistré à double couche. On demeure dans la
plage de réflectivité acceptée par tous les lecteurs de
DVD-ROM et de DVD-Video.
Le médium à changement de phase peut être réécrit
en un seul passage de faisceau laser focalisé. Dans le
DVD+RW, les données sont enregistrées en modulant la puissance
du laser,
- une portion pulsée pour inscrire des marques amorphes
- et une part continue pour créer des zones
cristallines entre les marques.
Cette stratégie écrit de nouvelles données sur le
disque, pendant qu'elle efface simultanément les anciennes.
Ce processus peut être répété plusieurs milliers de fois.
Conclusion
Avec ce nouveau standard plus, et son acceptation
aussi bien dans le monde vidéo-numérique qu'informatique,
on imagine naturellement l'expansion fulgurante qu'il aura
cette année déjà, pour probablement remplacer totalement
les cassettes vidéo analogiques d'ici la fin de la décennie.
Aussi, l'industrie du cinéma qui traverse
actuellement une période agitée va devoir imaginer d'autres
protections contre la copie, en plus de l'encryptage CSS actuel.
Heureusement pour elle, les DVD enregistrables
ne peuvent comporter qu'une seule couche, limitant
leur capacité à 4.7 GB, alors que la plupart des films
pré-enregistrés sur DVD-Video double couche de 8.5 GB
ont une taille avoisinant les 7 GB, excluant par là même
leur duplication.
Références
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