Droit de réponse à l'article du FI5/94:
De l'ordinateur à la plaque offset
accordé à Bernard Cavat, Atelier de Reprographie EPFL
Suite à l'article de Messieurs Virchaux et Cordey paru dans le FI 5/94, j'aimerais apporter quelques précisions, c'est-à-dire le point de vue de l'utilisateur de cette nouvelle plaque offset.
Notre matériel
Tout d'abord il faut savoir qu'à l'atelier de Reprographie de l'EPFL, nous travaillons avec deux types de procédés offset.
- Le premier est conventionnel: il s'agit d'un film duquel nous tirons une copie sur plaque alu. Nous l'utilisons principalement pour des travaux de haute qualité, par exemple pour des quadrichromies ou alors pour des travaux à tirages de plus de 20'000 exemplaires. Contrairement à ce qu'il est dit dans l'article susmentionné, ce procédé n'a pas forcément besoin de la photocomposition pour créer le film. A partir d'un original papier, on peut très bien le faire en conservant la qualité d'origine.
- Le second est la plaque directe offset, c'est-à-dire sans film. Elle se fait à l'aide d'une caméra braquée directement sur des documents papier, montés préalablement si nécessaire. Cette plaque se fait en 2 minutes. Son support polyester nous assure un tirage d'excellente qualité jusqu'à 20'000 exemplaires environ. Elle ne s'étire pas en machine; le repérage de 2 documents couleur par exemple, est parfaitement précis. La plupart des travaux courants de notre Ecole se fait avec ce type de support. Les imperfections des documents ou puces, sont facilement retouchées en machine. Avec un mouillage traditionnel, cette plaque ne se voile pas, donc pas de fond grisâtre. De plus son prix est particulièrement avantageux.
La plaque électrostatique
La nouvelle plaque électrostatique dont parle l'article du FI5/94, sortie directement de l'ordinateur ne m'a pas totalement convaincu. Si elle permet d'obtenir des images tramées excellentes, j'ai pu remarquer qu'elle est très délicate. N'étant pas très solide, elle s'étire rapidement et le repérage devient insuffisant pour un travail précis.
Contrairement à ce qui est écrit dans ledit article, cette plaque doit encore passer dans un bain chimique avant d'être mise sous presse. Durant nos essais, il ne nous a pas été possible de retoucher les puces ou imperfections et après chaque arrêt de nouvelles taches apparaissaient. En bref, il ne nous fut pas possible d'assurer un tirage d'une qualité suffisante.
Cette nouvelle méthode est pourtant fort intéressante; mais il faudrait trouver un support autre que cette plaque électrostatique, comme le polyester que nous connaissons par exemple. Mais ce matériau n'est peut être pas compatible avec ce système.
A la Reprographie, nous ne précipiterons rien pour l'instant. Wait and see.
article paru dans le Flash informatique no 6 du 21 juin 1994