
Ceux qui me connaissent seront étonnés de me voir écrire cet article. Moi, un fervent du Mac, je n'avais pas vraiment une dent contre Unix, mais je ne jurais que par la simplicité et la convivialité. C'est bien pour cela que lorsqu'on m'a demandé si j'étais intéressé par l'administration d'une toute nouvelle salle de stations Unix, il m'a fallu quelques jours de réflexion avant d'accepter ce projet pour le moins ambitieux. Certains me disaient: tu verras, ces stations Unix, il faut les materner, ou: les trois premiers mois, tu vas nager, les trois suivants, tu vas commencer à apprendre et d'autres: Unix ? Un véritable écorché vif de système d'exploitation !. Et bien, avec un peu plus de recul, je dois bien leur donner raison. Comme je n'ai pas envie d'être égoïste, je peux partager ce passage à Unix avec les mille nouveaux utilisateurs de ces salles. C'est donc avec une dent en moins et la tête hors de l'eau que je vous écris ces lignes...
Depuis la rentrée du 23 octobre dernier, les étudiants du premier cycle font leurs premiers pas en informatique dans les nouvelles salles CO. Le remplacement de ces deux salles (CO020 et CO023) est lié au projet de renouvellement du plan d'étude pour l'enseignement de l'informatique au premier cycle (voir l'encart du professeur Jacques Zahnd).
L'objectif était de remplacer les 90 Macintosh qui devenaient inadaptés aux cours prévus par le nouveau plan d'étude. En particulier à cause du choix d'Ada comme langage pour les informaticiens. Après les procédures habituelles d'appel d'offre, le Département d'Informatique a porté son choix sur Sun. Le postulat de départ (Unix) a écarté d'office un renouvellement par des machines Apple, mais laissait la porte ouverte aux solutions type PC avec Linux ou autre. Le choix du type de machine a été dicté principalement par les contraintes élevées d'utilisation de ces salles:
Que trois points, mais pas des moindres ! Nous ne pouvions guère miser sur une solution qui n'avait pas déjà une certaine accréditation au Département d'Informatique. La solution technique retenue est donc la suivante:
Chacune des salles est équipée de 45 SPARCstation 4, la restante est à disposition des enseignants pour tester leurs exercices et l'environnement. La SPARCstation 5 est celle de l'administrateur.
Dans un premier temps, le Conseil du DI avait pris la décision d'isoler les salles du reste du monde afin d'éviter toutes sortes de problèmes. Par la suite, plusieurs questions ont été posées au sujet des accès à Internet:
Nous avons donc décidé, à titre d'essai, d'ouvrir ces salles pendant certaines heures sur le réseau externe. Actuellement, les stations peuvent accéder à tout l'EPFL 24 heures sur 24. Du coup, il est possible en permanence de faire des mails, de lire les news ou de se connecter sur d'autres machines de l'Ecole. Mais le surfing sur Internet est réservé aux lève-tôt: l'ouverture sur l'extérieur se fait de 7h15 à 8h15 du lundi au vendredi! L'avantage de cette tranche horaire est qu'il n'y a pas de conflit avec les heures de cours.
Avec une configuration comme je viens de vous la décrire, on pourrait penser que cet ensemble devient ingérable et que l'on passe le plus clair de son temps à refaire la configuration des machines. C'est sans compter sur la solution miracle que Sun a sortie cette année : Solstice AutoClient. Laissez-moi vous décrire en quelques mots ce produit . Il y avait deux possibilités pour faciliter le travail d'un administrateur dans le cas d'une grande quantité de machines en réseau:
AutoClient devient une troisième solution et élimine les inconvénients des deux premières. Chaque station est considérée comme une station diskless et démarre en réseau sur le serveur. Les calculs se font localement. Le disque dur local est utilisé comme cache pour les accès au serveur. Il y a alors une très forte diminution du trafic sur le réseau. Simple, mais efficace.
Avant de clore cet article, je voulais encore soulever le point de l'utilisation de ces ressources informatiques en dehors des heures d'ouverture et pendant les vacances. Au lieu de laisser dormir ce capital ainsi investi pendant de nombreuses heures, il a été possible de trouver un projet dont les contraintes horaires convenaient très bien avec celles de ces salles (voir encart de M. Pierre Kuonen). Ainsi, non seulement nous avons bonne conscience, mais le contribuable aura, je l'espère, l'impression de s'y retrouver...
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| FI-10 du 19.12.95 | |