Programme d'Information Pratique pour l'Economie du Réseau

par Jacques Virchaux, SIC-Téléinformatique

Le dernier article présentait un aspect très général de la consommation et, suite à la demande de la Direction, nous avons commencé à faire les premiers essais de mesures. Etant donné que le réseau n'est pas prévu pour faire de la petite épicerie, notre but primordial est de trouver des solutions techniques, peu onéreuses à mettre en place, pour conserver une bande passante efficace permettant une constance dans le confort de l'utilisateur.

LES PREMIERS RESULTATS DES MESURES

Sur le plan purement technique, il est très intéressant de relever que la ventilation par protocole TCP (ici le nom utilisé sur le graphique correspond au service) met en évidence ceux sur lesquels il est nécessaire de porter notre attention. Comme on peut le constater, ce sont avant tout les protocoles utilisés par World Wide Web (en fait http de son vrai nom) et les transferts de fichiers (ftp) qui représentent les 3/4 du volume entrant. L'interprétation du graphique doit être faite correctement car il est bien évident qu'en supprimant l'utilisation de WWW, le volume ne diminuerait pas de moitié, mais que les autres protocoles se repartiraient le total du camembert. A noter encore que le trafic UDP est négligeable et que les essais Mbone ne peuvent pas encore être pris en considération ici.

Il reste donc à travailler sur les grosses tranches en priorité pour trouver le moyen de conserver l'efficacité demandée. Seule une analyse minutieuse permettra de savoir comment se font les échanges et de connaître les flux induits par le protocole. Ensuite seulement, après de nombreux essais, il sera possible de tirer des conclusions pour envisager les actions futures.

A TITRE D'EXEMPLE

En consultant une seule et unique page d'accueil de différents serveurs WWW, il est intéressant de voir le nombre de bytes transmis (établissement du contact et quittances) et ceux reçus (information utile) pour se faire une petite idée:

Il est donc évident que la notion de protocole correspond bien à un dialogue qui n'est de loin pas unidirectionnel et dont le rapport entre la sortie et l'entrée présente des différences étonnantes. Il faut cependant savoir que la grande majorité des autres protocoles présente un rapport qui ne dépasse quasiment jamais 50% dans le pire des cas.

CELA COUTE-T-IL CHER ?

Si la question semble facile à poser, il est bien difficile d'y répondre sans pondération. En prenant le montant global payé divisé par le trafic total en 1994, on arrive à calculer que le Mbyte importé cette année-là a coûté environ Fr. 0.37. En calculant le coût de la connexion à SWITCH par ordinateur, on arrive à un montant d'environ Fr. 100.- pour cette même année.
La réflexion porte principalement sur le rapport utilité/coût qui est très subjectif. Cependant, par rapport à des services similaires dans le domaine de la communication (téléphone, fac-similé, courrier, etc.) et compte tenu de l'étendue des possibilités (accès au monde entier presque instantanément), le service n'est actuellement pas d'un prix excessif, mais il n'est pas gratuit. Face à l'augmentation constante du volume d'information, les structures actuelles du réseau SWITCHlan doivent être adaptées. Si le coût des lignes et des équipements va augmenter, cela ne devrait pas changer de beaucoup le prix du Mbyte (ceci pour autant que les lignes soient correctement dimensionnées par rapport au trafic), mais aura bel et bien une incidence sur le montant total de la facture !

A suivre...


article paru dans du 30 mai 1995