Toutes les pistes mènent au CD-ROM, nous l'avons fait, tout le monde peut le faire!

par François Roulet, SIC-Informatique individuelle

Table des matières


La réalisation du CD-ROM distribué conjointement avec le numéro spécial été du Flash Informatique 95, a soulevé un bon nombre de questions de la part des lecteurs. En effet, si nous sommes tous devenus des utilisateurs familiers de CD-ROM, ce média qui avait pénétré nos domiciles il y a une douzaine d'années dans sa forme auditive (CD-A), nous sommes encore assez ignorants concernant sa réalisation. Nous avons eu la chance d'obtenir un petit budget pour mener à bien ce projet, dont l'idée remonte à ce printemps. Quoi de plus séduisant, connaissant le prix de revient relativement modique de ce média, que de l'offrir à nos fidèles lecteurs, pour apprivoiser un autre média, le Web, difficilement figeable sur du papier, mais parfaitement maléable sur une galette de verre. Pour ceux qui seraient tentés par l'expérience à leur tour, nous allons vous tracer l'historique de cette réalisation passionnante, et des aventures rencontrées à chaque étape.

retour à la table des matières

Première étape

Aussitôt l'idée lancée, nous imaginions déjà le chargement intégral de toutes les pages HTML publiées sur le site de l'EPFL. Malheureusement, il fallut bien vite déchanter, car nous nous trouvions rapidement confrontés à des difficultés de droits de copie. Ensuite, beaucoup de pages ne sont pas statiques, mais générées "au vol", c'est à dire produites par un "Interface graphique commun" (CGI), donc absolument pas enregistrables sur un CD-ROM. Par contre, un aspect séduisant supplémentaire des pages HTML, est sa standardisation sur toutes les plateformes: dès lors, nous avons envisagé son portage sur PC et stations UNIX, par l'intermédiaire du format d'enregistrement ISO9660 du CD-ROM. En apparence, bien qu'ayant conçu et développé ce CD-ROM sur Macintosh, aucun travail supplémentaire ne devait nous incomber. Etant donné qu'en vertu des éléments précédents il fallait trier les pages copiables, nous avons retenu seulement quelques rares branches de notre déjà immense toile d'araignée. Seulement, comme conformément à l'essence même du Web, chaque page fait référence à d'autres, qui ne sont pas forcément localisées sur notre site et encore moins dans les pages que nous souhaitions enregistrer, il a fallu "désactiver" tous les liens (URL) externes, en ne laissant que leur nom amorphe dans le texte. La plus mauvaise surprise survint lorsque nous nous sommes rendus compte que la nomenclature des fichiers pour le monde Windows av. 95 ne supportait pas de nom plus long que 8 caractères, ni d'extension de plus de 3 caractères (8.3). Malheureusement, comme les pages récupérées sur les serveurs UNIX de l'école avaient toutes l'extension .html, nous avons dû toutes les reprendre, pour les rendre conformes au système de fichiers Windows. Ceci a certainement constitué une des parties les plus importante de tout l'ensemble du travail. Les tests ultérieurs ont confirmé que le CD "Flash_95" était parfaitement lisible sur toutes les plates-formes, même UNIX, à condition de le monter correctement.

retour à la table des matières

Droits de copie

Si personne ne conteste l'importance de respecter les droits de copie, il faut reconnaître que la pratique est laborieuse. En effet, chaque élément, voire chaque étape est soumis directement ou indirectement à un droit de copie. Heureusement, dans notre cas, nous possédions presque la totalité des droits sur les documents HTML, mais pas sur les films de la Nasa. C'est alors que commence un véritable parcours du combattant, pour dénicher la personne responsable et compétante, tout en espérant qu'elle vous réponde, de surcroît favorablement. Une fois les droits obtenus sur la matière, il faut retourner au front pour les outils, les "Readers", indispensables à la consultation et au visionnement des documents. Sur ce point, nous avons dû abandonner l'idée de distribuer le browser "NetScape" de NetCorp, pourtant si facile à obtenir en réseau, en raison de l'absence de toute réponse de la firme. Nous nous sommes alors rabattus sur le browser "Mosaic", qui lui est exempt de tout droit de copie à condition de ne pas en faire commerce, mais qui malheureusement est nettement inférieur en qualité, et nous a posé, (et vous posera) beaucoup de problèmes de fonctionnement, notamment par sa lenteur.

retour à la table des matières

Gravure

Heureusement que pour cette réalisation, nous disposions d'un graveur de CD inscriptibles (CD-R), ces CDs vierges que nous ne pouvons graver qu'en une seule fois. L'avantage de ce média, est son comportement strictement identique à celui d'un vrai CD-ROM en polycarbonate/aluminium, tant en capacité qu'en compatibilité, tout en pouvant être gravé par nous-mêmes en moins de 74 minutes. Nous avons donc par conséquent disposé d'épreuves intermédiaires tout au long de l'avancement du projet, puis tout à la fin, soit le septième exemplaire, remettre notre CD-R qui servit de Master. De cette manière, nous avions la certitude de la validité du CD-ROM de production.

retour à la table des matières

Coûts

Pour parler de l'aspect financier de cette réalisation, il faut savoir que si un CD-ROM est extrêment bon marché à produire en quantité, il faut compter sur une part importante en frais fixes pour une petite quantité. En effet, même pour un seul CD, la gravure du moule en verre (Glass Master) qui à son tour permettra de générer les matrices de moulage des galettes en polycarbonate, les frais d'établissement de films pour l'impression des jaquette, cahier intérieur et tampon, vous coûteront déjà plus de 1000.- FS. C'est donc, entre autres, pour cette raison que nous sommes partis sur une commande de 1000 unités. Dans notre cas, ayant choisi des boîtiers incassables pour l'expédition postale, nous avons eu une note totale de 4000.-, soit 4.- par CD, ce qui reste tout de même très abordable. La duplication a été effectuée par l'entreprise Tecval à Vallorbe, usine spécialisée dans la production de CD de tous types, avec naturellement une nette prédominance de CD audio. D'autres maisons, telle Multi Media Masters, offrent les mêmes services à Yverdon, ce qui confirme que la technologie est parfaitement disponible dans notre canton. Par comparaison, le CD-R vierge coûte environ 10.- en quantité, mais nécessite la copie de chaque unité, soit jusqu'à 74 minutes pour un disque plein en simple vitesse, et ce, pour chaque pièce.

retour à la table des matières

Délais

Afin de planifier votre réalisation, il vous faut savoir que la production de votre CD-ROM nécessite environ 7 jours ouvrables, soit moins de deux semaines.

retour à la table des matières

Références

Vous trouverez sur le serveur AppleShare "Cyclope", dans le volume "Système", dossier "Documents: Matériel: ", le document "Apple CD-ROM Handbook", résumant toutes les étapes nécessaires à la création d'un CD-ROM, ainsi que les différentes normes relatives.n


article paru dans le Flash informatique, numéro 8 du 24 octobre 1995