
Ik ben makelaar in koffie, en woon op de Lauriergracht No 37
(Multatuli alias Eduard Douwes Dekker)
Avant de rentrer aux Pays-Bas je n'avais jamais vu de modem, ni de PC de trop près. La connexion depuis chez moi (les bureaux ferment à six heures le soir) à 28KB (des fois <1K effectif) est toute autre chose que le réseau ethernet à l'EPFL, que j'ai pu apprécier pendant ma thèse en biophysique. Maintenant je travaille dans l'introduction du Web dans le secteur public. A l'EPFL j'ai pu découvrir les possibilités techniques du Web dans un environnement quasi-idéal, ce qui est un grand avantage ici, où la pratique bureautique est encore fortement basée sur DOS et où les réseaux sont beaucoup moins performants; les deux organisations pour lesquelles je travaille, VSNU
Durant six mois j'ai été rédacteur en chef de VSNUnet, le serveur de la VSNU, l'association des universités néerlandaises. La VSNU est responsable du contrôle de qualité de l'enseignement et de la recherche de ces universités, elle sert d'employeur universitaire et représente les universités sur le plan politique. Au sein de cette organisation, ma tâche consistait à coordonner la mise à jour des données existantes par les collaborateurs et à progressivement faire migrer les services de gopher au Web, sans toutefois introduire les innovations informatiques de manière trop brusque.
En outre, je travaille comme consultant interne pour ProBiblio, une organisation d'appui pour 180 bibliothèques publiques dans deux provinces des Pays-Bas (Noord-Holland et Zuid-Holland). Le projet DIBIB, La Bibliothèque Digitale , doit jouer un rôle important dans la redéfinition du rôle de la bibliothèque publique de l'ère digitale. Le serveur Web HollandNet propose une province digitale avec une base de données d'information locale et régionale (en voie de développement), qui devra entre autres rendre plus accessible les publications des organismes publics. A ce jour, des terminaux publics sont installés dans 40 bibliothèques. De plus, DIBIB est une manoeuvre de rattrapage. Jusqu'à il y a peu, les bibliothèques publiques ne jouaient aucun rôle dans les développements autour du Web.
Comme j'ai pu remarquer dans ces deux organisations et dans bien d'autres, les contraintes les plus importantes sont budgétaires. L'ordinateur typique dans les bureaux est un PC avec une configuration minimale, qui tourne WordPerfect (le premier logiciel de traitement de texte puissant qui était disponible en version néerlandaise). Le Web pose un double problème. D'un côté il faut renouveler les PC et les réseaux plus rapidement que prévu, d'un autre côté, la connaissance de base de systèmes de fenêtrage des employés est souvent minimale. La VSNU pourra connecter tous ses employés au réseau de manière satisfaisante cette année (contre 30 % l'année passée). Pour ProBiblio, et encore plus pour les bibliothèques dans les villages et les petites villes, ça sera plus long. Les bibliothèques publiques ont subi une politique d'économie très sévère ces derniers temps. Pendant encore un bon moment les cours Internet seront donnés en deux versions: Windows 3.x et Windows 95 (les Mac étant quasiment inexistants). Il y a encore beaucoup de travail de base à faire. Dans les cours il y a même eu des participants qui ont brandi leur souris comme une télécommande vers le moniteur. Dans le secteur à but non lucratif les mesures d'économie ont fait diminuer le personnel de telle manière que tous sont trop chargés pour réserver du temps pour se former. A la VSNU il s'est avéré trop difficile à l'heure actuelle de faire écrire/convertir en HTML par tous les collaborateurs, les outils comme PageMill et FrontPage n'étant pas encore disponible sous Windows, ou pas encore assez mûrs pour une utilisation professionnelle.
On peut penser que les contraintes financières sont à la base du phénomène suivant: la majorité des projets qui se réalisent en Hollande sont bien ciblés. La diffusion de connaissance dans le monde académique est bien organisée. SURFnet (la SWITCH néerlandaise):

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