FI4/97

L'enfant banni
Un PC sans PC

par Hervé Le Pezennec, DE-LEMA

Table des matières

En attendant ma livraison de PC tout neufs et avant de pouvoir les installer, les configurer, les tester et relater tout cela dans un prochain article, je me suis penché sur les possibilité de substitution: les émulateurs pour PC. «Qui tente à égaler ou à surpasser quelque chose», comme dit le petit Larousse. Egaler cela serait déjà pas mal, non?

Un émulateur pour quoi faire?

Comme je l'ai déjà dit au début de cette série d'articles, nous avons un problème aujourd'hui de plates-formes et de systèmes hétérogènes à gérer. Les budgets limités ainsi que la place disponible sur nos bureaux ne permettent pas d'avoir deux ou trois écrans par personne. Le parc actuel étant principalement composé de Macintosh pour la bureautique et de stations Unix pour les développements, il est intéressant alors d'émuler un PC sur un matériel existant. Le PC permettant comme on l'a déjà vu de remplir au mieux les deux fonctions précitées.

Une émulation permet d'avoir à l'écran un système PC (Windows 3.11, Windows 95, entre autres) et de partager un certain nombre de ressources matérielles ou logicielles comme le réseau, les périphériques, la mémoire ou les disques.

Si le but de l'émulateur paraît attirant au niveau des fonctionnalités, cela ne doit pas être au détriment du coût et de la complexité de gestion des deux systèmes. Afin de tirer les conlusions les plus objectives possible, il faut faire un bilan entre la qualité des fonctions émulées et le surcoût (financier, travail, apprentissage...) de l'opération.

Dans la suite de l'article je passe en revue les trois types d'émulations que j'ai pu tester.

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L'émulation logicielle

L'émulation logicielle est la plus connue et la plus simple en principe: il s'agit de concevoir un programme qui émule une interface PC dans une fenêtre (matérielle et logicielle) dans un environnement appartenant à votre machine.

Le plus gros problème que l'on voit directement sur le dessin ci-après est que l'émulateur doit passer aux travers de plusieurs couches afin d'accéder au CPU ou aux périphériques. Cela se ressent au niveau de la performance (avec un tout beau PowerMacintosh on arrive tout juste à la puissance d'un 486) et au niveau de la fiabilité (surtout quand le système d'exploitation n'est pas très robuste et je n'ai pas dit MacOS !).

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Test1: Softwindows sur Mac

J'ai pu tester un émulateur PC parmi les plus connus en environnement Macintosh et Unix: SoftWindows d'Insignia (www.insignia.com). La version pour Mac est disponible sur le serveur du SIC et il suffit d'un clic pour l'installer. Il faut prévoir assez de place car l'émulateur crée un fichier de plusieurs dizaines de MégaBytes comme disque C: pour votre pseudo-PC. Après quelques bombes au démarrage, je me suis renseigné au SIC pour apprendre qu'il faut un minimum de 400 MB réservé sur votre disque et 64 MB de mémoire afin de faire fonctionner correctement les deux environnements en parallèle. Ce n'était pas mon cas et j'ai eu toutes les peines du monde à juste démarrer mon émulateur. La gestion des périphériques est bonne ce qui n'est pas le cas pour le réseau. On ne peut voir que les autres Macintosh et non les PC. Ceci est plutot gênant car on ne peut pas se connecter au serveur PC du SIC afin de charger les applications souhaitées. Nous sommes condamnés à utiliser les disquettes ou alors faire des copies sur le disque Macintosh et les transférer du côté PC. Rien qu'à l'expliquer on voit déjà la difficulté du truc...

La version que j'ai testée correspondait au système Windows 3.11 qui pour moi n'offre aucun intérêt. Il existe maintenant une émulation de Windows95 mais qui n'est pas disponible sur le site de l'Ecole, le SIC ayant décidé de ne pas poursuivre dans cette voie.

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Test 2: Softwindows sur Silicon Graphics

J'ai pu tester également la version Windows 3.11 sur Silicon Graphics qui était livrée avec les stations Indy. Je crois qu'aujourd'hui la version Windows95 est livrée avec les nouvelles stations O2 qui les remplacent. Je n'ai malheureusement pas pu tester cette version et les e-mails envoyés à cette fin chez Insignia sont restés sans réponse... Sur SG l'installation est sans problème et le partage des disques et de la mémoire vive est plus souple et plus transparent. Encore mieux si vous avez la chance d'avoir un lecteur de disquettes, il suffit de cliquer sur un fichier texte pour PC et l'émulateur se met en route et l'ouvre directement dans WordPad. Malheureusement les problèmes de réseau sont les mêmes qu'avec l'émulation sur Macintosh: impossible de voir un autre PC. Il aurait fallu tester cela sur la version Windows 95. Si une personne a pu y arriver, merci de me le faire savoir et je transmettrai.

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L'émulation matérielle

Afin de gagner en performance, nos chers vendeurs d'émulateurs ont eu l'idée de proposer une carte à enficher dans votre Macintosh avec un véritable PC à l'intérieur (CPU+RAM+drivers). Les autres périphériques étant toujours partagés.

Rappellez vous de la série Centris 610 ou PowerMac 6100 avec carte DOS. Et bien vous pourrez vous vanter maintenant que vous avez connu quelqu'un qui a un tel Macintosh sur son bureau. Je vois tous ces airs envieux et ces regards avides d'impatience qui brûlent de savoir... Et bien oui, pour seulement un surcoût de frs 700.- vous avez les mêmes problèmes qu'avec un PC sans en avoir les avantages. Ah je vous le dis nous regretterons le temps où le marketing d'Apple arrivait à nous vendre ses fabuleux produits.

Le but était louable et la réalisation plaisante. En appuyant sur quelques touches du clavier on basculait dans l'environnement Windows en trois secondes de fondu enchaîné. Les deux machines jumelles étaient indépendantes car chacune avait son CPU et vous aviez la possibilité de faire tourner un programme en même temps dans chaque monde. Les performances correspondaient exactement à la puissance du CPU que vous aviez sur votre carte, qui était un 486 pour mon cas. Par contre, vous vous en doutez, toujours ce même problème de réseau. Je pense qu'il aurait suffit de rajouter à la carte PC sa propre interface et moyennant deux cables de connexion nous aurions pu résoudre tous les problèmes. Aujourd'hui les cartes PC sont quasi introuvables et je pense qu'Apple a abandonné cette direction.

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L'émulation virtuelle

Je ne savais pas quel titre donner à cette troisième possibilité d'émulation qui n'en est pas une ! Je m'explique. Pour éviter tous les problèmes de performances de l'émulateur soft qui utilise toutes les ressources de votre machine et les problèmes de configuration des émulateurs hard, il existe la solution d'utiliser un vrai PC distant qui communique avec votre plate-forme et qui s'affiche sur votre écran. C'est pour cela que je l'ai appelé émulateur virtuel.

Le principe consiste à ajouter à un PC une couche de communication qui existe également sur votre Mac, terminal X ou station Unix. Cette couche ne gère que l'affichage et les périphériques d'entrées/sorties tels que souris, clavier et autres. Sur votre écran vous avez alors une fenêtre représentant un PC avec lequel vous pouvez travailler. Comme c'est un vrai PC qui est derrière, vous avez l'assurance d'une compatibilité parfaite, même pour le réseau...

J'ai pu tester la solution de NCD (Wincenter) par l'intermédiare du DMA qui l'a installé pour ses besoins internes (www.ncd.com/pwin/pwinds.html). Jean-Claude Berney a bien voulu me créer un compte afin de pouvoir me connecter et utiliser un bout de leur serveur PC. Et cela a marché du premier coup...

Chaque utilisateur a son propre espace disque et a l'impression d'être le seul à utiliser le PC. Le réseau est parfaitement visible pour le partage de fichiers, les imprimantes et les services Internet comme la messagerie. Les périphériques de votre station comme ceux du serveur PC sont également disponibles: disquettes, cartes sons, et tous les ports standards. Les accès réseau générés par cet émulateur sont raisonnables, et ne créent pas plus de trafic qu'une autre application Xwindows.

Un gros atout pour cette solution est la possibilité de gestion et de configuration de tous les comptes sur le serveur, ce qui simplifie beaucoup le travail et est également une preuve de fiabilité du système.

Insignia, roi des rois en matière d'émulateur PC propose également sa solution équivalente à NCD: NTRIGUE (www.insignia.com/ntarea.html). On peut penser que l'avenir est plutôt de ce côté là.

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Conclusion

Pour faire un bilan des différentes solutions exposées, il est intéressant de calculer les coûts:

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© FI-4 du 22 avril1997