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Jack Dongarra était présent dans les
locaux de Compaq à Genève le 8 juin
dernier, pour homologuer le record d'un cluster de 96 stations ALPHA EV6, sour Tru64
UNIX. Ce sont ces processeurs qui seront le coeur du futur super-ordinateur Swiss-T1,
projet commun entre principalement l'EPFL, Supercomputing Systems de
Zurich, l'ETHZ, le CSCS et Compaq.
Jack Dongarra établit tous les six mois depuis 1993 la liste des 500 plus
puissants ordinateurs sur la base de benchmarks Linpack. Dès 1994, le changement en
faveur des ordinateurs à mémoire distribuée par
rapport aux architectures dédiées, s'est fait
sentir.
Aujourd'hui le record est détenu par un cluster de 9472 processeurs Intel:
2TeraFlops (rappel: Mega=106, Giga=109,
Tera=1012). Le 8 juin, le cluster Compaq a atteint
les 40Gflops. Cela ne le place qu'aux environs de la 200ème place sur la liste, mais
c'était quand même, ce jour-là,
l'ordinateur le plus puissant de Suisse!
Des esprits simples pourraient penser qu'il suffit d'augmenter le nombre de
processeurs pour augmenter la performance, mais bien sûr, il n'en est rien. Pour
reprendre les paroles de quelqu'un dont je tairai
l'identité, «C'est comme dans l'administration,
à partir d'un certain seuil, plus on augmente
le nombre de gens, plus on diminue l'efficacité
de l'ensemble». Les difficultés majeures
résident dans la communication entre un
processeur et la mémoire locale associée, (512MB
par processeur), celle entre les processeurs (dans le
cas présent, c'était Fast Ethernet avec
une bande passante de 100 Mbits/s) et dans la programmation. La matrice 60.000 x
60.000 a été découpée en bloc dont la taille a
été calculée afin d'optimiser l'accès à la
mémoire cache.
Cette démonstration a mis en
évidence le fait que le passage des ordinateurs de
puissance dédiés aux clusters de stations
banalisées est inévitable, mais suppose un
savoir-faire important dans le portage et l'adaptation des applications spécifiques.
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Puissance du plus puissant ordinateur en fonction de l'année
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