Franck.Perrot@epfl.ch , Service Inforamtique central, EPFL
Ces questions, nous devons nous les poser. Le téléenseignement en est à ses balbutiements et il existe plusieurs manières de le mettre en oeuvre. Quoi qu'il en soit, le téléenseignement perce ici ou là, dans les Universités, dans les administrations et dans les entreprises privées. A chaque besoin particulier devrait correspondre une solution technologique et conceptuelle différente.
Actuellement, dans la grande majorité des solutions techniques dédiées au téléenseignement, l'enseignant doit se conformer totalement aux directives du produit, c'est à dire aux ingénieurs concepteurs. Cela signifie en clair que l'enseignement est tributaire des technologies.
Néanmoins, il est possible, grâce à une intégration souple de différents composants informatiques, de renverser cette tendance, et d'offrir à l'enseignant un cadre propice à la formation qu'il destine à ses étudiants. C'est le but du projet ODLqui vous est présenté ici et qui reste à affiner par la pratique.
L'idée est d'adapter l'informatique aux spécificités de chaque type de formation. Le cahier des charges que je me suis inventé repose sur les quelques points suivants:
La figure 1 montre les nombreuses possibilités d'enseignement à distance offertes par les standards actuels. L'accès aux ressources de formation peut être local (Intranet) ou global (Internet), depuis différentes plates-formes (PC, MAC, Unix), en groupe ou seul, sur son lieu de travail ou chez soi...
L'utilisateur doit être équipé (ou avoir accès à) d'un ordinateur courant (audio nécessaire), être connecté à Internet, avoir un navigateur moderne, ainsi qu'un logiciel adapté comprenant le langage SMIL.
Tous les ordinateurs actuels correspondent à ces critères, dès l'achat.
Chaque ressource de formation est associée à un fichier HTML, lequel peut être lu par un navigateur WWW. Chaque ressource peut être composée de différents médias (audio, vidéo...), lesquels sont synchronisés entre eux dans le temps et placés à l'endroit voulu sur la page WWW.
La synchronisation dans le temps et l'intégration d'objets multimédia est le rôle du langage SMIL (Synchro-nised Multimedia Integration Language) introduit début 1998.
SMIL repose sur XML. Il définit plusieurs markup similaires à ceux de HTML. Chaque média (audio, vidéo clips,...) y est référencé.
La différence essentielle de ce langage par rapport aux autres est qu'il autorise la synchronisation dans le temps des objets entre eux, il est donc parfaitement adapté au Streaming Media.
Il permet ainsi de gérer la bande passante utilisable par chaque connexion et même par chaque média (ainsi nous pouvons privilégier le son à l'image pour le cas où la bande passante globale du réseau se trouverait insuffisante).
En utilisant un navigateur moderne (ici Netscape), nous accédons à une ressource de formation par un simple clic de la souris (après avoir entré un mot de passe si nécessaire). Nous voyons sur la figure 4 que les objets multimédia ont des positions pré-définies (l'image ne reflétant évidemment pas la synchronisation dans le temps, qui fait qu'à un instant donné, l'image change en rapport avec la vidéo par exemple).
Les contrôles disponibles directement sur la page WWW sont multiples à la manière d'un magnétoscope: play, pause, stop, mute, gain volume, indicateur de déroulement, avance et retour rapides...
L'accès SMIL direct permet de se déplacer directement sur des pages (ou temps) importantes: début, fin, résumé, informations supplémentaires, télé-chargement de documentations, textes essentiels traitant des thèmes en correspondance avec le cours...
L'accès WWW permet quant à lui le lancement d'une seconde fenêtre du navigateur sur un simple clic, pour accéder simultanément à d'autres sites ou pages WWW concernant le cours.
Il est possible d'envoyer un courrier électronique directement au professeur.
Les possibilités sont immenses. Nous pouvons très bien imaginer un accès direct à un forum de discussion (News/Usenet) ou à un Chat pour partager ses impressions avec d'autres étudiants et professeurs, partager des documents, etc.
Le téléenseignement est devenu à la mode. Doit-on pour autant la suivre tête baissée? Il est fort probable que le téléenseignement ne peut et ne doit pas s'adresser à tous, en particulier aux élèves en bas âge, pour des cours à caractère socio-éducatif, littéraire, etc.
Il peut apporter néanmoins des solutions viables à certaines difficultés que les sociétés rencontrent aujourd'hui: le nombre toujours croissant des étudiants (et qui s'en plaindrait?), la formation continue pour adultes, la formation à l'extérieur de l'enceinte universitaire pour certains types de cours, la formation aux nouvelles technologies à des étudiants qui ne peuvent pas avoir accès à une structure éducative adéquate (malades, sociétés en développement,...), etc.
Je vous invite à me contacter pour insérer votre cours ou votre présentation de département, laboratoire, institut dans ODL.
A suivre, donc.
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